Contes & Légendes de Bretagne

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Message par Anonymou le Dim 9 Avr - 18:44

Contes & Légendes de Bretagne Legende2


Le Paradis Du Couchant
Quand le Breton des côtes se prépare à mourir, son âme impatiente et lassée de son corps brûle de devenir anaon et d'appareiller au large.
C'est là que se trouve le Paradis sans latitude ni longitude que les Celtes trouvèrent en eux-mêmes sans sextant ni boussole.
Les Irlandais l'appelent Tir na n'Og et les Bretons Bro ar Re Yaouank, qui veut dire Terre des Jeunes, parce que le temps n'y est pas compté.
Une île, terre flottante, qui ne connaît qu'une fois la même vague, ne reste qu'un instant à l'aplomb de chaque étoile. Elle est beaucoup plus loin qu'on ne saurait le dire, et pourtant il suffit d'une seule marée pour la rejoindre.
On ne peut pas mourir quand la mer monte au plein. Le dernier souffle est exhalé à mer étale et le reflux embarque l'âme dans la lourde écume de sa vague en retour.
Mais il faut le vent haut, le vent d'amont, pour porter en kornog. Si le vent garde l'âme dans le sillage du soleil, elle navigue sur l'île fortunée, au signal d'un grand feu qui arde nuit et jour la plus haute éminence.
Au rivage l'attend un cortège d'élus dans une lumière surnaturelle où toute impureté se dissipe et se fond. Tous les arbres sont verts, toutes les nourritures se résolvent dans la pomme, tous les breuvages dans l'hydromel des sources vives. C'est un pardon sans fin, sous les ombrages, et les plus beaux cantiques des fées à tresses blondes bercent les bienheureux dans leurs demeures transparentes.
Voilà ce que l'on disait à Molène .....

Extrait de "Légendes de la Mer" de Pierre-Jakez Hélias


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Message par Anonymou le Dim 9 Avr - 22:03

Les anciens Celtes ne craignent pas la mort puisque, pour eux, elle représente le commencement d'une vie meilleure. Les Bretons christianisés conçoivent la mort de la même façon, comme une chose simple, naturelle. Mais de l'Ankou, ils ont peur...


Contes & Légendes de Bretagne Sankou0


L'Ankou est l'ouvrier de la mort (oberour ar maro).

Le dernier mort de l'année, dans chaque paroisse, devient l'Ankou de cette paroisse pour l'année suivante. Quand il y a eu, dans l'année, plus de décès que d'habitude, on dit alors de l'Ankou:

- War ma fé, heman zo eun Anko drouk. (Sur ma foi, celui-ci est un Ankou méchant.)

On dépeint l'Ankou, tantôt comme un homme très grand et très maigre, les cheveux longs et blancs, la figure ombragée d'un large feutre; tantôt sous la forme d'un squelette drapé d'un linceul, et dont la tête vire sans cesse au haut de la colonne vertébrale, ainsi qu'une girouette autour de sa tige de fer, afin qu'il puisse embrasser d'un seul coup d'oeil toute la région qu'il a mission de parcourir.

Dans l'un et l'autre cas, il tient à la main une faux. Celle-ci diffère des faux ordinaires, en ce qu'elle a le tranchant tourné en dehors. Aussi l'Ankou ne la ramène-t-il pas à lui, quand il fauche; contrairement à ce que font les faucheurs de foin et les moissonneurs de blé, il la lance en avant.



Le char de l'Ankou (karrik ou karriguel ann Ankou) est fait à peu près comme les charrettes dans lesquelles on transportait autrefois les morts.

Il est traîné d'ordinaire par deux chevaux attelés en flèche. Celui de devant est maigre, efflanqué, se tient à peine sur ses jambes. Celui du timon est gras, a le poil luisant, est franc du collier. L'Ankou se tient debout dans la charrette.

Il est escorté de deux compagnons, qui tous deux cheminent à pied. L'un conduit par la bride le cheval de tête. L'autre a pour fonction d'ouvrir des barrières des champs ou des cours et les portes des maisons. C'est lui aussi qui emplie dans la charrette les morts que l'Ankou a fauchés.


Lorsque l'Ankou se met en route pour sa tournée, sa charrette est, dit-on pleine de pierres, afin de rouler plus lourdement et de faire plus de bruit.

Arrivé près de la maison où se trouve le moribond qu'il doit cueillir, il décharge brusquement sa charrette, pour faire place à son nouveau "lest". De là ce fracas de pierraille que l'on entend si souvent dans les logis où l'on veille un mourant, juste à l'instant où celui-ci rend le dernier soupir.


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Message par Anonymou le Dim 9 Avr - 22:51

Contes & Légendes de Bretagne Legende4


Marie-Morgane:
Lorsque la mer fut apaisée, le saint homme Guénolé, servi par le vieux Gradlon, voulut dire une messe pour le salut de la ville engloutie. Alors qu'il élevait le calice, surgit des eaux scintillantes, le torse blanc d'une fille aux cheveux de cuivre, un bras levé au ciel. Une lourde queue d'écailles bleues terminait son corps.
C'était Ahès-Dahut, devenue Marie-Morgane. La main de Guénolé trembla si fort, que le précieux calice lui échappa et vint se briser sur les rochers. La messe ne fut point consommées, "Is" demeure maudite et Morgane sirène. Chaque fois que se montre Ahès, un orage terrible est bien près de tonner.
Un jour, le patron Porzmoger, avait mouillé sa barque en baie. Quand il voulut remonter l'ancre, il ne put parvenir à la décrocher. Il se dévêtit et se laissa glisser le long du filin.
L'ancre était accochée dans les branches d'une croix dorée au sommet d'une église. Des cloches s'ébranlèrent, et il sombra le long de la tour. Par une fenêtre sans vitrail, il pénétra dans une nef illuminée où se pressait une foule fervente, et adossé à l'autel, un prêtre attendait Porzmoger.
Le sacristain quêteur présenta au marin un large plat où s'entassaient des pièces d'or aux curieuses marques : "Pour les chers trépassés". Porzmoger n'avait pas un liard, il secoua les épaules, alors le prêtre ouvrit les bras et se mit à chanter : "Dominum vobiscum" . Puis une grande plainte monta de la nef, où les assistants devinrent cadavres livides et squelettes blanchis.
La princesse vint au pêcheur....Ne pouvais-tu répondre: "et cum spirit tuo" (et avec votre esprit), Porzmoger ! Tu nous aurais sauvés tous.
A l'instant, il reconnut Marie-Morgane, et sut qu'il était dans Is. Il n'eut que le temps de remonter par la corde des cloches et le filin d'ancrage. A peine avait-il sectionné le filin et hissé la voile, que l'orage fantastique de la sirène creusait déjà les vagues autour de lui.
Et la ville d'Is attend toujours que finisse, enfin, la messe de rachat.

Extrait de "Légendes de la Mer" de Pierre-Jakez Hélias
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Message par Anonymou le Lun 10 Avr - 2:06

Contes & Légendes de Bretagne Ankou5hb

L'Ankou (en personne...):

L’évocation de la mort, et sa transition vers l’au-delà, est au coeur de la culture armoricaine, d’où le respect des défunts, l’entretien des sépultures, la présence des revenants, l’appel des âmes errantes…

L’Ankou est le plus connu de tous ces êtres surnaturels. Echalas émacié, sabots de bois aux pieds, chapeau noir sur la tête et une faux emmanchée à l’envers dans la main droite. Il conduit de nuit une charrette grinçante.
Ce convoi s’entend de loin par la lande et les chemins creux ; ceux qui l’ont vu de près ne sont plus là pour le dire. L’Ankou, faucheur d’âme, n’épargne personne, riche ou pauvre. Souverain, il les emporte tous pour le lieu du repos éternel.
L’antre de l’Ankou serait le Youdig ou plus précisément le Yeun Elez dans les Monts d’Arrée, entrée de l’enfer où les âmes sont envoyées vers leur dernière demeure. L’Ankou se trouve sur les calvaires des communes avoisinantes ou même sur les églises, comme à Brasparts et sur le calvaire de Brennilis.


Contes & Légendes de Bretagne Ankou1


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Message par Anonymou le Lun 10 Avr - 20:54

Contes & Légendes de Bretagne Legende8


La Fontaine De Barenton
Un soir qu'Owein, chevalier d'Arthur, devisait avec Kynon, celui-ci lui raconta que s'étant rendu à la fontaine afin de vérifier les prodiges qui lui avaient été contés, il en arrosa la dalle. Aussitôt un immense coup de tonnerre éclata accompagné d'une averse de grêle. Puis un chevalier noir l'attaqua, et emmena son cheval.
Owein décida aussitôt de découvrir cet endroit. Il chevaucha jurqu'à une clairière où un géant noir, entouré d'animaux, lui indiqua la route. Il arriva à un arbre vert et vit la fontaine et la dalle
Il versa de l'eau sur la dalle et le terrible orage éclata, plus violant encore que ce que Kynon avait décrit, puis le soleil brilla et les oiseaux chantèrent. Alors qu'il prenait plaisir a écouter ces chants, il entendit des gémissements et vit le chevalier noir. Ils se chargèrent furieusement et brisèrent leurs deux lances, ils tirèrent leurs épée et Owein blessa mortellement le chevalier.
Celui-ci s'enfuit et Owein le poursuivit jusqu'à l'entrée d'un chateau où Owein tenta de pénétrer derrière lui, mais les gens du chateau laissèrent tomber la herse sur lui. Puis ils fermèrent la porte intérieure, le prenant au piège entre la herse et la porte. Il apperçut alors une ravissante demoiselle aux cheveux blond qui s'émut de son sort. Elle lui remit un anneau qui avait la propriété de rendre invisible à volonté. Quand les hommes d'arme vinrent le chercher, ils ne le virent pas courir pour retrouver la jeune fille.
C'est alors qu'ils entendirent de grands cris, Lunet lui raconta qu'on venait de donner l'extrème onction au maître du chateau, son corps fut porté en terre le lendemain et se mettant à la fenêtre, Owein vit la foule suivre le cercueil, et dans cette foule une très jolie jeune femme en habits de deuil jaunes.
Lunet lui expliqua qu'elle était la plus belle, la plus généreuse, la plus noble et la plus sage des femmes, et qu'elle était l'épouse du chevalier, la Dame de la Fontaine. Owein tomba immédiatement amoureux d'elle.
Lunet tenta alors de raisonner la Dame inconsolable en lui expliquant que pour garder la fontaine, il lui fallait un époux, vaillant chevalier pour la défendre. Elle lui proposa donc de se rendre pour elle à la cour d'Arthur. Elle se contenta de rester enfermée dans sa chambre, puis retourna vers la Dame et lui présenta Owein. Mais la Dame ne fut pas dupe, elle compris qu'Owein n'avait pas fait ce long voyage, qu'il était caché au chateau et qu'il était celui qui avait tué son époux.

Elle épousa tout de même Owein qui, depuis lors, garda la fontaine avec la lance et l'épée. Tout chevalier qui y venait, il le renversait.

Extrait de La mythologie Celtique de Yann Brékilien
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Message par Anonymou le Lun 10 Avr - 21:29

Contes & Légendes de Bretagne Yeunelez


Le Yeun Elez (le trou de l'enfer).
Le Yeun Elez est une vaste tourbière, occupant une gigantesque cuvette au coeur des Monts d'Arrée. Le centre de ce désert était naguère rempli par une bourbe mouvante appelée le 'Youdic' (petite bouillie). C'est là que la tradition bretonne situait la porte de l'enfer. On disait que, pour se débarrasser d'un revenant, il fallait avoir recours à un exorciste qui le transformait en chien noir et le faisait conduire de presbytère en presbytère, jusqu'à un prêtre (ar person) d'une paroisse de l'Arrée, Saint Rivoal ou Commana. Le saint homme emmenait l'animal au bord du 'Youdic', lui passait prestemment son étole autour du cou et le précipitait dans le marais, ce qui provoque des explosions et des flammes. Il fallait prendre garde à ne pas laisser le chien s'échapper sinon celui-ci emportait les pêcheurs qu'il trouvait la nuit dans la commune de Brennilis.

Aujourd'hui, le Youdic a fait place à un lac artificiel(1937) où se situe la sinistre silhouette d'une centrale nucléaire expérimentale (construite en 1960). On s'y sent plus que jamais
à l'entrée du séjour des Ombres, comme si, désormais les puissances infernales avaient besoin de l'énergie nucléaire, de la désintgration de la matière pour sceller le destin de l'humanité. En situant là leur usine atomique, les modernes apprentis sorciers ont erigé, sans le savoir, un symbole terrifiant.
Voyage aux frontières mouvantes de la raison et du mystère...
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Message par Anonymou le Mar 11 Avr - 22:04

Contes & Légendes de Bretagne Korrigans_link


Les Korrigans:
A l'origine, l'antique Armorique, couverte de landes et de forêts, grouillait de créatures merveilleuses. Parmis les "Bugale an noz" (les enfants de la nuit), fées, sirènes et autres géants, était le peuple des Korrigans. Race de nains dont l'origine dans nos contrées reste mystèrieuse. Ils sont, selon certains, progéniture de fées ou, selon d'autres, issus de la décomposition du "Géant Primordial"...
Quoi qu'il en soit, sous ce vocable de Korrigan, se cachait une nuée de petits êtres aux apparences multiples. Vivant en bonne intéligence avec les hommes qui les respectaient et les craignaient. Ils étaient les génies du terroires, protecteurs de la nature et de ceux qui la servaient.
Un évènement majeur allait (au début de notre ère) boulverser ce bel équilibre. L'avènement du christianisme puis la propagation rapide de cette religion devait voir reculer l'influence du petit peuple.

Discrédités et chassés de leurs lieux sacrés par les premiers évangélisateurs, de nombreux Korrigans disparurent dans les profondeurs de la terre, où ils continuent de vivre. Les plus pugnaces se sont réfugiés dans les confins, suivis par quelques fidèles. Parfoit maussades, toujours espiègles, souvent cruels, ils n'ont maintenant de cesse, pour la plupart d'entres eux, de faire payer aux hommes la désafection dont ils ont fait l'objet.

Contes & Légendes de Bretagne Korrigan13


Toujours d’allure humaine et de toute petite taille, ces créatures se révèlent parfois capricieuses et facétieuses. Ils sont toujours prêts à vous entraîner dans leur sarabande et sont partout. Peu actifs en hiver, ils se calfeutrent sous terre ou au creux des arbres. Aux beaux jours, ils deviennent familiers et farceurs, menant parfois grand bruit la nuit, pour effrayer l’habitant.

Les korrigans, “danseurs de nuit” de l’île d’Ouessant invitent les passants à se joindre à leur ronde sur les falaises en leur promettant des trésors. Celui qui accepte doit planter son couteau en terre ; puis, il faut qu’en suivant la danse, il rase le couteau à chaque tour sans le dépasser. S’il réussit, les lutins lui accordent sa demande quelle qu’elle soit.


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Message par Bathorya le Mer 12 Avr - 19:55

Bezet Breizh !!!!
Continue Tromy... :rougir:
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Message par Anonymou le Mer 12 Avr - 21:52

Contes & Légendes de Bretagne Legende3



La légende d'Ys:
En ce temps-là, la ville d'Ys ( qu'on écrit aussi Is ) était la plus belle qui fut au monde, si belle que lorsque les Français construisirent leur capitale, ils l'appelèrent "Par-Is", c'est-à-dire semblable à Is.

Is était entourée de formidables murailles, battues par les vagues. Quand la mer était haute, l'eau assiégeait la ville de toutes parts. Elle se heurtait aux solides portes, qui avaient, disait-on, été construites par des korrigans, et que rien ne pouvait faire céder. Seul, le roi en possédait les clés, qu'il portait accroché à son cou, de jour comme de nuit.

Ce roi s'appelait Gradlon. C'était un homme bon et généreux. Lorsqu'il était jeune, il avait couru l'aventure, loin, jusqu'en Scandinavie, où il avait épousé une fée, mais à l'époque où se passe cette histoire, il était devenu vieux et un peu triste. Souvent, on le voyait errer sur les remparts de la ville. Il regardait la mer, longtemps, comme si elle devait le consoler de quelque chose.

- Ah ! se plaignit-il un jour à son ami saint Gwénolé, ma fille deviendra-t-elle un jour raisonnable ?
Saint Gwénolé ne répondit pas. Il savait bien que Dahut, la fille du roi Gradlon et de la fée scandinave, n'était pas seulement déraisonnable. Il la croyait mauvaise, mais il ne voulait pas peiner le bon roi.
- Pourquoi ne retourneriez-vous pas à Quimper ? demanda-t-il. Vous y seriez loin de votre fille, et sa conduite vous tourmenterait moins. Le roi réfléchit. Un bon moment , il demeura silencieux, puis enfin :
- Un jour, commença-t-il, un jour que je chassais dans la forêt du Menez-Hom avec une troupe nombreuse, nous nous sommes perdus. Par hasard, nous arrivâmes à une hutte de branchage, où vivait un ermite d'une grande sainteté. Vous le connaissez.
- C'était mon bon maître, saint Corentin.
- Comme nous n'avions rien mangé depuis l'aube, reprit le roi, nous avions grand faim, mais le pauvre ermite qui vivait dans le dénuement le plus complet, ne possédait rien pour nourrir une troupe comme la nôtre. Il fit venir le cuisinier et lui confia un petit morceau de poisson, puis il appela l'échanson et lui donna une cruche d'eau.
Comme les deux serviteurs restaient tout ébahis, saint Corentin leur dit : " Portez ceci à votre maître".
Gênés, mais n'osant obéir, les deux serviteurs vinrent vers moi. C'est alors que tout le monde vit que l'eau s'était transformée en vin, et que les poissons se multipliaient, jusqu'à apaiser la fin de toute ma troupe.
- Je me rappelle ce miracle, dit saint Gwénolé, preuve de la très grande sainteté de mon vénéré maître.
- Alors, continua Gradlon, j'ai dit au saint ermite : " Il ne faut point que vous viviez loin des hommes, il faut que vous leur apportiez votre lumière. Je vous donne ma bonne ville de Quimper, son palais, ses églises, et je promets solennellement de faire construire un monastère à Landevennec".
Ayant fini ces mots, le roi regarda son ami :
- Quimper ne m'appartient plus, vous le voyez. Chez moi est ici à Ys et j'y resterai. Et puis j'espère pouvoir encore quelque chose pour ma fille. Si sa mère n'était pas morte alors qu'elle était toute jeune, peut-être ne serait-elle pas devenue ce qu'elle est…

Pendant ce temps, dans les salles illuminées du château, Dahut donnait une fête. Comme chaque soir, de cent lieux à la ronde, des seigneurs étaient arrivés, attirés par la magnificence de la ville et la réputation de ses fêtes. On s'y amusait plus que partout ailleurs, même si on croyait savoir qu'il y a quelques dangers à y participer.
On murmurait que certains jeunes seigneurs avaient disparu bien qu'on ignora comment.

Ce soir-là, alors que la fête battait son plein, un serveur s'approcha discrètement d'un jeune homme très beau.
- Seigneur, chuchota-t-il, notre demoiselle Dahut vous a remarqué… Le jeune seigneur se sentit très flatté. Au milieu de la grande fête, parmi tous ces gens, la princesse avait porté ses yeux sur lui ! Le serviteur poursuivit
- Elle vous fait donner ce masque pour vous cacher le visage et l'aller rejoindre dans sa chambre dès que le bal sera fini.
Le cœur battant, le jeune homme prit le masque et attendit avec grande impatience la fin de la soirée. Puis, mené par un serviteur tout de noir vêtu, il rejoignit la belle Dahut.

Avant que le jour ne se lève, elle le renvoya :
- Partez maintenant, mais remettez ce masque. Je ne veux pas qu'on sache qui sort de ma chambre.
Le jeune homme fixa le masque sur son visage, et aussitôt le masque se resserra jusqu'à l'étouffer. Le jeune homme tomba sans connaissance au pied de Dahut.

Alors, la princesse fit un geste au serviteur habillé de noir. Sans un mot, celui-ci ramassa le seigneur, le jeta en croupe sur son cheval, et s'en fut au galop. Il connaissait, pas loin de Huelgoat, un précipice, où cet amant irait rejoindre les autres.

Le lendemain, le serviteur du jeune seigneur le chercha partout, mais il avait disparu. On supposa alors, qu'ayant trop bu, il avait voulu se promener sur le rempart et était tombé à la mer.

Personne ne s'inquiétait vraiment de ces disparitions, bien qu'on murmura un peu, on préférait faire comme si de rien n'était, et continuer à profiter de la vie facile de cette belle cité.
Dans les rues propres et nettes de la ville d'Ys, jamais on voyait un mendiant. Si l'un d'entre eux voulait passer les portes, on le rejetait aussitôt. A force de vouloir conserver ses richesses, la ville avait endurcie son cœur et perdu son âme.

Or, un jour, arriva dans la ville un jeune homme d'une étrange beauté, prince d'une lointaine contrée. Ses vêtements étaient d'une telle richesse que même à Ys on les remarqua.
Dès qu'elle le vit venir, Dahut n'eut de cesse de l'avoir à sa table. Tout le soir, elle fut sous le charme de l'étranger, à tel point qu'elle en oublia même de danser.

Vers la fin de la soirée, le jeune prince se leva et, frappant dans ses mains, il dit
- Je propose maintenant un branle, que va jouer mon musicien personnel.
On vit apparaître un petit nain vêtu d'une peau de bouc, qui se mit à souffler avec entrain dans son biniou. Aussitôt, tous les invités se mirent à danser le branle. Mais, plus ils dansaient, plus le rythme de la musique s'accélérait, et ils n'arrivaient plus à s'arrêter.
Alors le jeune prince se pencha à l'oreille de Dahut.

Tous deux quittèrent discrètement le bal sans être vus, et s'éloignèrent le long des remparts.
Les deux mains posées sur le rebord de la fenêtre de la plus haute tour, le prince parcourait du regard la mer au clair de lune.
- Vous avez là une bien belle ville, murmura-t-il à Dahut. L'homme qui possède les clés de ces portes est un homme puissant.
- Mon père possède ces clés.
- Seul ?
- Seul.
- Il refuse donc de partager son pouvoir ?
- Sans doute, répondit Dahut, qui déjà commençait à en vouloir à son père.
- Ne serait-ce pourtant pas à la personne qui est le cœur de cette cité, d'en garder les clés ?
- Que voulez-vous dire ?
- Vous, Belle Dame, vous êtes la grâce et la beauté, l'intelligence et la passion, le cœur de cette cité.
- Mon père ne semble pas penser ainsi… Je ne peux jamais rien obtenir de lui.
- Votre père est bien vieux. Comment laisser un tel pouvoir entre de tremblantes mains ? … Si vous m'aimiez, vous sauriez que j'ai raison. Qui vous empêche de subtiliser les clés à votre père pendant son sommeil ? Vous deviendriez la maîtresse de la ville et feriez ce que bon vous semblerait.

Le lendemain, à l'aube, le roi Gradlon se réveilla en sursaut : il n'avait plus les clés de la ville autour du cou. Il fit appeler Gwénolé.
- Le malheur est sur nous ! s'exclama le saint. Prenez ce que vous avez de plus précieux et fuyez cette ville.
A peine eut-il prononcé ces mots qu'on entendit comme un mugissement. Les portes de la ville s'étaient ouvertes, la mer s'engouffrait dans la cité.
Le roi Gradlon sauta sur son cheval, qui se mit à galoper de toutes ses forces , fuyant devant la mer en furie. Les flots le poursuivaient, balayant tout sur leur passage.

- Mon père, secourez-moi ! cria Dahut depuis le haut des remparts.
Ce jeune prince trop beau l'avait trompée, il avait obtenu qu'elle lui confie les clés, puis avait disparu. Et maintenant les portes de la ville étaient grandes ouvertes.
- Mon père, ne me laissez pas !
Gradlon fit arrêter son cheval pour permettre à sa fille de sauter en croupe. Mais voilà que le cheval n'arrivait plus à avancer, ses pattes fléchissaient, il hennissait désespérément, comme s'il avait à supporter un poids intolérable. La mer s'avançait. La mer le rattrapait.
- Roi Gradlon ! cria Gwénolé, c'est le diable que vous portez en croupe. Il faut vous en débarrasser.
Stupéfait et affolé, le roi ne pouvait se résoudre à rien. Jeter sa fille à l'eau, jamais il ne le ferait.

Alors Gwénolé s'approcha de lui. Il toucha Dahut de son doigt et elle s'abîma dans la mer, soulevant des vagues d'écume blanche.
Quand enfin Gradlon atteignit la terre ferme, quand son cheval se fut hissé sur le plus gros rocher, il se retourna. Sa ville avait disparu. Il n'en restait rien. La mer miroitait doucement dans le soleil levant. Ys n'y était plus.

Depuis ce temps, il est arrivé des choses bien curieuses dans ces contrées.
Un pêcheur ayant plongé pour dégager son ancre qui était bloquée, s'aperçut avec stupéfaction qu'elle était prise dans les barreaux d'une fenêtre. Il regarda par le carreau et vit qu'il s'agissait d'une église, d'une église magnifique, pleine de fidèles. Pourtant, le prêtre était seul à l'autel et personne ne répondait la messe.
Tout suffoqué, le pêcheur remonta et raconta son histoire.
- Malheur ! lui dit-on, tu as vu la ville d'Ys. Si tu avais répondu la messe, tu aurais sauvé toutes ces âmes perdues.


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Message par Anonymou le Jeu 13 Avr - 21:45

La fée de l’île de Loc’h:

L’histoire qui débute à Lannilis est celle de Houarn Pogamm et de Bellah Postik, deux jeunes amoureux promis depuis longue date. Malheureusement, la mort de leurs parents les avaient plongés dans le dénuement, et chacun, tout en travaillant dur, n’arrivait pas à mettre suffisamment d’argent de côté pour acheter une petite vache et un cochon maigre et pouvoir ainsi se marier.


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Las d’attendre, Houarn décida de prendre la route en quête d’une meilleure fortune. Bellah, inquiète de le voir ainsi s’en aller, lui confia deux des trois reliques qu’elle tenait pour seul héritage.
-La première, la clochette de saint Kolédok, avait pour objet d’avertir proches et amis que vous couriez un grand danger.
-La seconde, le couteau de saint Corentin, annulait les maléfices des sorciers dès qu’il entrait en contact avec leurs victimes .
-La troisième relique, le bâton de saint Vouga, elle le garda pour elle car il possédait le pouvoir de vous transporter où vous vouliez.

Arrivant dans le Sud-Finistère, Houarn entendit parler de la Groac’h (la fée) de l’étang du Loc’h qui se trouvait sur la plus grande des îles des Glénans. La Groac’h était, disait-on, d’une richesse incommensurable. Nombreux étaient les jeunes gens qui avaient tenté de s’emparer de son trésor mais personne n’en était jamais revenu.
Imprudent jeune homme...

N’écoutant guère les conseils de prudence des gens de la région, Houarn s’embarqua pour l’île du Loch, bien décidé à tenter sa chance. Un petit bateau semblait l’attendre sur l’étang. Mais dès qu’il eut mis les deux pieds dedans, ce dernier plongea au plus profond de l’eau. Houarn se retrouva ainsi à l’entrée d’un merveilleux palais de coquillages, où l’on accédait par un bel escalier de cristal. La fée l’ensorcela aussitôt par sa beauté et ses vins savoureux. Elle lui offrit de partager ses richesses s’il acceptait de la prendre pour épouse.

Houarn, sous le charme, accepta et la fée le métamorphosa en grenouille.

-Bellah entendit aussitôt tinter la fameuse clochette de saint Kadélok. Son bâton magique la conduisit alors auprès du véritable époux de la Groc’h, lui aussi condamné à un triste sort, qui lui donna le secret pour délivrer Houarn et tous les autres.

-Déguisée en séduisant jeune homme, elle se rendit donc sur l’île et déjouant le piège de la sorcière, libéra les malheureux captifs après leur avoir rendu forme humaine.

-Houarn et Bellah purent ensuite faire leur choix parmi le trésor et rentrèrent dans leur pays de Lannilis, fortune faite, et prêts à se marier.


(D’après un texte d’Emile Souvestre)
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Message par AraneL le Mer 1 Nov - 22:17

superbes ces légendes, de vrais trésors !!!
la tradition bretonne est avant tout orale, à la base, et je me dis que j'aurais vraiment aimé vivre ces légendes au son d'une voix passionnée lol, au coin d'un feu de cheminée ...
:rougir: çà peut être une idée de thème de soirée çà, entre un verre de guinness et une musique celtique de fond !!! j'adorrrrrrrre :amoureux:

A moi d'apporter ma pierre à l'édifice :

LE MYTHE DE TALIESIN


Contes & Légendes de Bretagne CtBretagne


Il était une fois, et il n'était pas, en pays de Pennlyn, terre du souverain Tegid Voel Le Chauve, une femme d'une grande beauté, pleine de talents et de grands savoirs sur les choses secrètes. Cette femme avait pour nom Cerridwen est était l'épouse même de Tegid Le Chauve
De leur union naquirent trois enfants, Creiwyl une enfant magnifiquement belle comme sa mère, Morvran et AfangDu l'enfant le plus laid du monde. C'est pour sa laideur que Cerridwen semble le chérir plus que les autres, c'est pour sa laideur qu'elle cherche les magies les plus fortes, les filtres les plus secrets. Cet enfant laid lui hante le cœur et son amour pour lui désire le sauver de son infortune. A force de quête Cerridwen trouve enfin le moyen de compenser la laideur de l'enfant par la possibilité d'acquérir le savoir primordial. A cet effet elle prépare le chaudron de la connaissance et d'inspiration qui doit bouillir durant une année et un jour.. Elle sait, que trois gouttes de ce breuvage donné à l'enfant seront pour lui l'inspiration divine, celle qui illumine l'âme, promet tous les savoirs et tous les dons. Son fils alors n'aura plus à rougir de sa laideur puisque la beauté de l'âme lui sera donnée.
Le temps passant à faire bouillir le breuvage la Reine met à sa surveillance un jeune homme du nom de Gwyon Bach, ainsi qu'un vieil aveugle du nom de Mordra. Ils doivent ensemble veuillez à ce qu'il y ait toujours du feu sous le chaudron et que le liquide ne déborde pas. Ainsi font-ils, car Ceridwen, tout aussi belle soit elle peut avoir de terrible colère. Une année est passée, le cycle rond du temps a bientôt fermé sa boucle et le temps du breuvage arrive pour Afgdu.
Ce jour là Cerridwen est en quêtes d'herbes et de plantes magiques. Gwyon et Mordra discutent et discutent tant qu'ils ne voient pas le breuvage gonfler, buller de plus en plus, comme une grosse soupe enfin trop chaude qui pouffe des vapeurs. Trop tard le liquide jailli, saute, éclabousse tant et si bien que surpris Gwyon n'ayant pas eu le temps de s'écarter s'y brûla la main.
La douleur est terrible, le feu, le chaud est là, l'instinct porte sa main à la bouche Trois gouttes de magie le touche tout entier, pénètre par sa bouche. La lumière, la chaleur l'envahit tout entier comme un soleil nouveau, Gwyon est ébahi, choqué : n'a t-il pas bu là les trois gouttes réservées à Affgdu ? Et Gwyon, la tête soudain remplie de savoir, sait, voit, comprend la colère de Cerridwen. : il doit fuir !
La colère de Cerridwen fut terrible, elle cria, hurla, frappa la terre de ses talons, frappait tous ceux qui passait à sa portée, elle n'épargna pas Morda. On l'entendit jusqu'au bout des pleines, en haut des montagnes, le long des rivières du royaume. Ses larmes se mélangeaient à ces cris et tous tremblaient en l'entendant.
Ivre de rage et de chagrin la Reine parti à la recherche de Gwyon pour le châtier. Terrifié, l'enfant se cachait , entendit les cris, les menaces professées dans la colère. Alors qu'il entendait son pas plus proche, faisant appel à sa sagesse toute neuve, il se transforma en lièvre espérant courir si vite qu'elle ne pourrait le rattraper. Peine perdue Cerridwen était bien savante elle aussi des choses de magie et elle se transforma en lévrier. Ainsi elle courrait aussi vite, plus vite et l'approchait toujours plus. Prenant son élan Gwyon se change en poisson et Cerridwen devient loutre, Gwyon oiseau Cerridwen faucon. Toujours armé de son pouvoir de métamorphose Gwyon devenant grain se cache dans un tas de blé. Cerridwen devint immédiatement poule noire et avale les grains et par là - même Gwyon.
A l'aube d'un autre jour la Reine vois la grosseur de son ventre. Alors que son mari Tegid Le Chauve est parti combattre les pirates Gaëls et établir des fortifications le long des côtes, elle comprend immédiatement ce qui lui est arrivée. Cet enfant qu'elle attend ne peut être que le jeune Gwyon, la graine qu'il était devenu et qu'elle avait avalée, et se prépare à une deuxième naissance. Keridwen, le jour venu, va seule mettre au monde l'enfant Cet enfant est tellement beau que lorsque ses yeux croisent les siens, elle ne peut se résoudre à l'éliminer afin de le cacher aux yeux du monde, et lui construit une sorte de couffin tressé en joncs et en mousse qu'elle confie à la bienfaisance des eaux d'une rivière qui, loin de là, va mélanger ses eaux à celles de l'océan…
Neuf jours et neuf nuits durant, Gwyon fut ballotté au gré des flots mais sans jamais pleurer. Il n'éprouva ni la faim, ni la soif, car l'eau de la pluie prenait soin de le désaltérer et de tous petits poissons de sauter hors de l'eau pour rejoindre directement sa bouche. Au soir du dixième jour il arriva en vue d'une terre, celle du roi Gwyddno, connu pour posséder l'une des treize merveilles du royaume, un filet qui, chaque soir qu'il est mis à l'eau, rapportait suffisamment de poisson pour nourrir toutes les bouches du clan, et même plus. Gwyddno avait un fils, Elfin, un des garçons les plus malheureux et infortunés qui soient, et qui, ce soir-là, avait par son père été chargé de relever le filet, afin de lui porter chance.Habitué à son infortune il ne fut pas surpris lorsqu'il releva le filet et qu'il n'y trouva que le couffin tréssé et aucun poisson. Dans ce couffin, il y vit Gwyon, et Elfin fut si ébloui par sa beauté qu'il le nomma Taliesin et repris courage et ardeur en revenant chez lui. Son père, s'il commença par se lamenter de ce qu'Elfin n'avait rien pêché pour nourrir le clan, fut lui aussi sous le charme quand il vit le bébé.Et il le fut plus encore lorsque rassasié et réchauffé, le bébé entreprit de leur conter son histoire, celle de Gwyon Bach et Keridwen, et ce, sous la forme d'un chant aux sonorités parfaites.
Puis Taliesin prit la parole :
" Grand merci à toi, Elfin, de m'avoir ainsi recueilli et accueilli. Entend maintenant que tu ne le regretteras pas car je suis Taliesin et si bientôt mon nom brûle parmi les innombrables étoiles du ciel, crois bien que je ne serai pas ingrat et que tu trouveras avec moi une récompense à la hauteur de ta gentillesse. " Taliesin passa quatre années dans la maison d'Eflin, quatre années qui le virent passer d'enfant, au jeune homme qu'il est aujourd'hui au grand émerveillement des gens du roi Gwyddno. Tout ce temps, il s'appliqua à égayer son bienfaiteur qui, de timoré et voûté qu'il était, devint peu à peu un homme de compagnie agréable et de bonne conversation.
Vint un jour d'automne où Elfin les quitta, ayant été invité par son oncle Maelgwin Gwynedd à séjourner sur ses terres, à Degawny.Alors qu'il se trouvait là-bas, en compagnie des hommes de son oncle, à recevoir le boire et le manger, tout en écoutant les bardes chanter la gloire de ce dernier. Elfin, à qui la boisson avait fait perdre un peu la tête, se vanta d'avoir barde plus talentueux et femme plus fidèle que quiconque à Degawny.. Son oncle, entra dans une colère rouge, le fit jeter en prison, puis envoya Rhun, son fils illégitime, un jeune homme d'une beauté à laquelle aucune femme ne résistait, avec pour mission d'aller séduire la femme d'Elfin. Mis au courant de tout le stratagème, Taliesin, alla trouver sa protectrice pour tout lui raconter et lui proposer de la remplacer par une servante qui endosserait ses vêtements et ses bijoux. Rhun coucha donc avec la servante et, au petit matin, lui trancha le doigt qui portait l'anneau d'Eflin, avant de s'enfuir en direction de Degawny. Là, on fit sortir Elfin de prison pour lui montrer la preuve de l'infidélité de son épouse. Il répondit : " Ah !! Ce doigt est trop petit, son ongle est sale, et il porte encore les traces du pétrissage du seigle, ce ne peut être celui de ma femme !! " Maelgwin, furieux, fit remettre Elfin en prison, sous les yeux de Taliesin, car il avait suivi Rhun en secret lorsqu'il s'était enfui.
Plus tard dans la soirée, et sous la conduite d'Heinin leur chef, les trois bardes de Maelgwin se préparèrent à chanter pour apaiser le courroux de leur roi. Mais Taliesin leur avait joué un tour à sa manière, et ne sortirent de leurs bouches graisseuses que des " bleub bleub " maladroits et autres sons grotesques. Puis Taliesin s'avanç, fit connaître à tous sa présence, et, pour mieux confondre les bardes de Maelgwin, se mit à chanter avec une telle force que son chant déclencha une tempête qui s'apaisa aussitôt les dernières notes retombées. Maelgwin, reconnaissant alors qu'il surpassait tous ses bardes et probablement tous ceux du royaume, fit amener Elfin dont il fit tomber les chaînes L'oncle et le neveu désormais réconciliés, Taliesin conseilla à Elfin de prétendre qu'en plus de la femme la plus fidèle et du barde le plus talentueux, il avait également le cheval le plus rapide, ce qu'il fit.. Trois jours plus tard, une course était organisée et Taliesin alla trouver le coureur de Elfin et le muni de 24 branches de houx brûlées en lui donnant pour instruction d'en frapper chaque cheval qu'il dépasserait avant de jeter son manteau là où le sien ferait un faux pas.
Ainsi fut fait et après qu'Elfin eut remporté la course, Taliesin l'emmena là où était tombé le manteau en lui conseillant de creuser à cet endroit précis.Il y trouva un chaudron remplit d'or et, s'étant acquitté de sa dette, lui ayant établi considération et richesse, Taliesin quitta Elfin.. C'est ainsi que Taliesin parcouru les terres du monde pour y trouver le sujet de nouvelles chansons et parfaire sa connaissance en toute chose

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Message par Anonymou le Mer 1 Nov - 22:56

ArAneL a écrit:
je me dis que j'aurais vraiment aimé vivre ces légendes au son d'une voix passionnée lol, au coin d'un feu de cheminée ...
:rougir: çà peut être une idée de thème de soirée çà, entre un verre de guinness et une musique celtique de fond !!! j'adorrrrrrrre :amoureux:
Quelle excellente idée ma fois... Car en plus tu viens de réunir trois ingrédients bien séduisants je trouve.

Merci et bravo pour ton excellente contribution au sujet! Et si jamais tu as d'autres histoires comme ça, n'hésites surtout pas! ;)

PS:
Mais dis donc! tu n'aurais pas du sang breton dans les veines toi? Par Hasard? :hum:
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Message par AraneL le Mer 1 Nov - 23:43

Tromy a écrit:
PS:
Mais dis donc! tu n'aurais pas du sang breton dans les veines toi? Par Hasard?

Non :oh: pas à ma connaissance...je suis une pure méditerranéenne :MDrr:
Un jour, je vivrai en Bretagne, mon rêve est d'y ouvrir une maison d'hôte.
Cette envie m'a été inspirée par la musique entre autres, je cite parmi beaucoup d'artistes talentueux : Alan Stivell :love: :coeur: :amoureux:

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Message par Anonymou le Jeu 2 Nov - 0:23

Ben je t'avouerais que tu me sidères assez...
Un sang méditerranéen attiré par cette culture du bout du monde?!
Et qui plus est: orienté par la musique d'Alan Stivell...

Eh ben... :du ballon:
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Message par Mrs Jack le Jeu 2 Nov - 1:11

ArAneL a écrit:
Tromy a écrit:
PS:
Mais dis donc! tu n'aurais pas du sang breton dans les veines toi? Par Hasard?

Non :oh: pas à ma connaissance...je suis une pure méditerranéenne :MDrr:
Un jour, je vivrai en Bretagne, mon rêve est d'y ouvrir une maison d'hôte.
Cette envie m'a été inspirée par la musique entre autres, je cite parmi beaucoup d'artistes talentueux : Alan Stivell :love: :coeur: :amoureux:


Ne cherche pas mais je t'adore déjà :zetaime:
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Message par AraneL le Jeu 2 Nov - 9:59

Je pense que quand on aime la musique, et surtout la musique métal, on apprend à se tourner vers d'autres hozirons :MDrr: :sourrire:
alors si déjà ya des gens qui m'aiment ici, je me sens chez moi; :hum: oui bon, dans une certaine mesure ne vous inquiétez pas :amoureux:
Pour ceux qui ne connaissent pas voila Alan Stivell (prochain album en mars 2006 !!!) :
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J'aime beaucoup la musique folk dailleurs, et lorsque c'est mélangé au métal çà me fait délirer (Cf : Korpiklaani par exemple) Mais le sujet dévie un peu, j'en parlerai dans le forum MUSIQUE :yazza:

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Message par Mrs Jack le Jeu 2 Nov - 12:56

Alan Stivell est un de mes préférés, c'est un dieu a la Harpe...
J'aime aussi Heol Telwen ou Aes Dana... Ou complétement a l'opposé la vrai musique bretonne avec les bignous (Hummmm les frères Morvans....)
En plus chaque chansons est un conte, c'est çà qui est magnifique...
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Message par AraneL le Jeu 2 Nov - 17:18

Youpi Alan Stivell sera en concert :sourrire: :love: :amoureux: :coeur: :hum:
j'ai fait une impression écran des dates Contes & Légendes de Bretagne Icon_cool kicétikivavoiralan ???? :français:
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Message par Anonymou le Jeu 2 Nov - 21:36

Allé... pour ceux qui aiment:

Alan Stivell - Tri Martolod:
https://www.youtube.com/watch?v=PRpNVMjnDmY

Alan Stivell et Ian Morisson:
https://www.youtube.com/watch?v=VLZOMXbjlYI
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Message par Rose noire le Mer 8 Nov - 14:36

Ah la la, que j'aime ce sujet! Je ne m'en lasse pas! Je sais que je n'apporte pas grand chose en disant ça mais c'était juste pour vous dire un grand MERCI!!!!! Ne vous arretez surtout pas! :sourrire: :yazza:
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Message par AraneL le Mer 8 Nov - 19:45

rrrrrrroooooooo merci tromy !!!!!

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Message par Bathorya le Mer 8 Nov - 21:41

Oh que j'aime ce sujet !!
Eh, dites moi, chers adôrateurs de la si belle Bretagne...vous aimez les Fest Noz? :hum:
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Message par AraneL le Ven 10 Nov - 10:08

ouiiiiiiii dailleurs je serais bien contente d'etre informée par vous sieurs et dames de Breizh, si un fest noz voyait le jour :sourrire:

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Message par Anonymou le Ven 10 Nov - 14:39

Alors voici un lien avec les dates des fest-noz et des fest-deiz à venir :yazza:
http://www.fest-noz.net/

Rien que pour vous mesdames... :sourrire:
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Message par AraneL le Ven 10 Nov - 21:04

cool merci !!!

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